Un immense regret - Guy Kleiman

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Un immense regret

Un immense regret - Guy Kleiman

Mes parents ayant péri dans un accident de voiture, j’ai été élevé aux côtés de mes grands-parents, à partir de l’âge de cinq ans. Très affectueux, j’ai été pouponné par ces derniers tout au long de ma vie. D’un, parce que j’étais orphelin, de deux, parce que mon père, tout comme moi, était fils unique. L’ayant perdu, ils avaient de l’amour à revendre à travers moi. Par ailleurs, étant mes seuls parents, il était tout à fait logique que je sois pris en charge par eux.  Après mes études à l’université, j’ai aussi perdu mon grand-père. Un homme qui avait travaillé toute sa vie pour une seule compagnie, située dans la région. Un homme tendre qui aimait sa femme plus que tout, et qui s’occupait de son petit foyer avec amour et passion. Je n’ai jamais vu mon grand-père, ne serait-ce qu’une fois, crier après ma grand-mère, ou même, se disputer avec son entourage. C’était quelqu’un d’aimant et aimé de tous. Il était tout à fait sociable. Le jour de sa mort était sombre pour moi, et en ayant appris la nouvelle, je me suis accroupi sous un abri soleil pour pleurer à grand coup. Quant à ma grand-mère, c’était le genre femme forte, qui avait perdu son père durant la dernière guerre. Mais même si c’était une femme de caractère, elle était affectueuse et s’était bien occupée de moi. Elle était toujours soucieuse de ce qui me concernait, les études, la santé, et même, les copains. Ce dernier sujet était toujours source de dispute entre nous. C’était normal, j’aimais fréquenter les gens les moins recommandables du quartier, car j’adorais leurs vies de liberté et d’indépendance. Un jour, alors que j’étais chez moi, car maintenant, j’habite en ville, ma grand-mère m’a appelé pour me dire qu’un de mes amis d’antan, m’avait cherché à la maison, pour prendre des affaires à lui que j’avais gardé. En ce temps, il s’agissait juste d’un appareil photo, que j’avais emprunté et que j’avais oublié de rendre. Ma grand-mère pensant à autre chose, et elle m’a fait la morale pendant 15 bonnes minutes au téléphone. Une situation qui m’a déplu, j’ai raccroché violemment le téléphone. Entre-temps, je ne lui ai pas adressé la parole pendant deux semaines, malgré les coups de téléphone, qui sûrement, étaient d’elle. Un matin, on sonna à la porte, c’était un de ses voisins. Il m’a dit que ma grand-mère était souffrante et à l’hôpital depuis une semaine. Il a essayé de me joindre par téléphone, mais n’y arrivait pas. C’est à ce moment que le regret m’envahissait. Cette petite altercation m’a fait ignorer ma grand-mère, alors qu’elle était souffrante. Alors, je pris une veste et j’ai pris la route avec le voisin de ma grand-mère. Direction l’hôpital !