Un cours de marketing - Guy Kleiman

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Un cours de marketing

Un cours de marketing - Guy Kleiman

Un jour, j’avais été dans l’obligation de prendre des cours de marketing web, qui m’avaient été payés par le propriétaire de l’entreprise où je travaillais. J’étais webmaster depuis plusieurs années, et je n’avais jusque-là, travaillé que pour l’image et l’animation, ainsi que la création de sites Web. Il me fallait maintenant comprendre tous les rudiments du SEO, afin de pouvoir continuer dans ce domaine. Il ne s’agissait plus d’écrire des textes pour que les gens fassent une bonne lecture. Il s’agissait maintenant d’écrire des textes plus ou moins compréhensibles, pour qu’un robot puisse repérer quelques mots-clés bien définis, afin de donner plus de visibilité un site Web. En somme, je pouvais faire partie des meilleurs infographistes ou animateurs, cela n’intéressait plus personne. Il faut être repérable coûte que coûte, au point de laisser la qualité de côté. J’en recevais la confirmation pendant mon premier cours de marketing, ou le professeur mettait l’accent sur le fait qu’il était mieux d’avoir un site Web simple, mais bien référencé, que d’en avoir un beau et bien fait. Je commençais sérieusement à avoir des doutes quant à mes fonctions. À quoi avaient servi toutes mes années d’efforts, à créer les meilleurs scripts, et les meilleures animations pour rendre le Web plus agréable ?

Le dernier cours de marketing que je recevais était certainement le plus intéressant. Cela consistait tout simplement à dire que rien n’était gravé dans la pierre, et que tout était évolutif. Entre autres, tout ce que je venais d’apprendre pouvait devenir obsolète dans deux ans, et ne plus servir. Tout dépend d’un robot, ou du moins, de l’humeur marchande des marionnettistes comme Google. Il allait me falloir sans arrêt, si je voulais continuer dans cette ligne, à me mettre au courant des dernières nouveautés, et à sans cesse changer tous les mots-clés d’un site existant, pour qu’il reste sur la place. J’avais l’habitude de créer, et faire en sorte d’être toujours à l’affût de nouveautés pour pouvoir présenter quelque chose d’original et innovant. Aujourd’hui, j’ai l’impression de faire du surplace. C’était aussi entraînant qu’une corvée de vaisselle journalière. Pour me changer les idées, je devenais marionnettiste pour enfants, dans une ancienne salle de cinéma à Montréal. Ce qu’il y a avec eux, c’est qu’ils en redemandent sans arrêt, jusqu’à l’étourdissement parfois. C’est un autre genre de bis répétitif. Il faut se montrer patient envers un public très exigeant. Cela n’a rien à voir avec l’exigence d’un robot. Cependant, il va me falloir réapprendre à vivre avec mon époque.