Erreurs de jeunesse - Guy Kleiman

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Erreurs de jeunesse

Erreurs de jeunesse - Guy Kleiman

Depuis quelque temps, j’ai commencé à repenser aux bêtises que j’ai faites dans ma jeunesse. Notamment, celles que j’ai faites quand j’habitais chez mes grands-parents. C’était peut-être le fait que mon fils était maintenant adolescent, ou alors juste parce que je commençais à avoir une conscience. Il m’arrivait même de ne pas trouver le sommeil tellement ça me travaillait. J’ai commencé à chercher dans l’annuaire une ancienne employée de mes grands-parents, à qui j’ai causé beaucoup de tort. En fait, mes grands-parents tenaient un petit restaurant, et ils employaient des personnes démunies. C’était des gens très bien, qui aimaient rendre service aux autres. Moi par contre, j’étais un petit voyou. Je piquais souvent dans la caisse pour m’acheter des cigarettes et de la bière. Un jour, mon ami Denis m’a mis au défi de vider tout le coffre du restaurant. Je l’ai fait, car je ne voulais pas perdre la face devant mes amis. J’ai pris tout l’argent qu’il y avait dans le coffre. Avec cet argent, nous avons fait une fête dans la maison d’un de nos amis. Le lendemain, mon grand-père m’a interrogé pour savoir si c’était moi qui avais pris l’argent. J’ai dit non et j’ai accusé Madeleine, la serveuse, alors que cette personne s’occupait toute seule de ses trois petits frères. J’ai dit à mon grand-père que je l’avais vu ouvrir la caisse. Elle fut immédiatement renvoyée. Je voulais donc la retrouver afin de m’excuser et réparer les torts que je lui ai causés. En feuilletant l’annuaire, j’ai retrouvé cinq personnes qui pouvaient être elle. J’ai pris rendez-vous avec chacune d’elle. Une de ces personnes m’a demandé de venir dans un cabinet de médecine esthétique, car elle était une plasticienne renommée. J’ai d’abord pensé que ça ne pouvait pas être elle, mais j’y suis quand même allé, car je voulais l’éliminer de la liste. Arrivée dans le cabinet, la secrétaire m’a fait patienter, parce que Madeleine était encore au bloc. J’en ai profité pour feuilleter le journal de l’entreprise. C’est là que j’ai vu sa photo, c’était elle, la personne qui s’est fait renvoyer à cause de ce que j’avais dit. Je suis sortie un moment, j’ai voulu m’enfuir, mais j’y suis retourné. J’ai acheté un bouquet de roses et je suis revenu l’attendre. Puis la secrétaire m’a fait entrer, elle allait me recevoir. Au début, elle ne m’a pas reconnu, puis je lui ai dit qui j’étais, et ce que j’avais fait. Elle m’a souri, et elle a pris les fleurs que je lui avais apportées. Elle a dit que sans moi, elle n’aurait jamais fait d’études de médecine. Elle m’a aussi expliqué que je n’avais rien à me reprocher, que j’étais jeune et que tout le monde faisait des bêtises à cet âge. Après ça, j’ai pu retrouver le sommeil et me pardonner à moi-même.